Alone in the Dark : Gravity

Publié le par PimentWouj

Depuis plusieurs semaines, je vois régulièrement des articles sur ce film dramatique, magistral et époustouflant qui serait - presque - digne d'entrer au Panthéon aux côtés de 2001, l'Odyssée de l'Espace et Apollo 13 : Gravity

J'ai donc décidé d'aller voir si tout ça était vrai. En effet, Alfonso Cuarón - réalisateur du long-métrage Les Fils de l'Homme (2006) - livre un film tout en apesanteur et plutôt agréablement sobre. Le scénario est basé sur l'hypothèse du Syndrome de Kessler - imaginé en 1978 par D.J Kessler, consultant pour la NASAdans lequel le volume des débris spatiaux en orbite basse atteint un seuil au-dessus duquel les objets en orbite sont fréquemment heurtés par des débris, augmentant du même coup et de façon exponentielle le nombre des débris et la probabilité des impacts. Au delà d'un certain seuil, un tel scénario rendrait quasi-impossible l'exploration spatiale et même l'utilisation des satellites artificiels pour plusieurs générations - plus d'informations chez l'ami WikiDans Gravity, c'est l'explosion d'un de leurs propres satellites par les russes qui provoque l'enchaînement des évènements - le syndrôme des bêtes et méchants "ruscofs" n'est jamais loin à Hollywood.... 

Si l'affiche annonce au casting George Clooney et Sandra Bullock - et la voie de Ed Harris pour Huston-on-a-un-problème en VO, c'est sur cette dernière quasi exclusivement que repose le film. Pendant près d'une heure et 30 minutes, l'actrice de 49 ans, qui n'a pas particulièrement brillé dans sa carrière - hormis dans Collision (2004-Paul Haggis), nous offre une prestation angoissée, délicatement émotive et humaine. 

Sa silhouette finement musclée, obtenue à la force de plus de cinq mois d'entraînement intensif et la pâleur froide et sans artifices de son visage en font un "élément" cadrant parfaitement dans le décor. Bien sûr, chacun peut ensuite y aller de son impression sur la crédibilité de la situation, l'attitude du Dr Ryan Stone - NB : Sandra Bullock et le déroulement des faits. Pour ma part je trouve que Gravity s'en sort très bien. L'angoisse de l'aventure vécue par l'héroine nous écrase en même temps que la photographie de l'espace nous émerveille. Le travail harassant de Sandra Bullock dans le dispositif Lightbox mis au point spécialement pour le film est payant. De l'aveu d'Alfonso Cuarón :"Cela a été très dur. Elle a passé ­plusieurs semaines seule dans ce cube, communiquant grâce à un dispositif d’oreillettes et entourée de technologie [caméras fixées sur des bras robotisés, ­systèmes de rotation dirigés à distance par ordinateur]. Son installation était tellement longue et fastidieuse qu’elle préférait attendre attachée à l’intérieur, parfois dans sa combinaison d’astronaute, branchée sur de la musique atmosphérique et atonale pour rester dans l’ambiance. C’était un processus très solitaire, mais son isolement a nourri son ­interprétation. La récréation est arrivée avec George Clooney qui a remplacé ses CD de sons étranges par du rap et de la musique dansante.

D'aucuns diront que l'on ne peut oser comparer ce film à celui de Kubrick ou encore que ce n'est pas le meilleur film de l'année, voire que les critiques ont franchement exagéré. Là n'est pas la question. Il y avait bien longtemps que je n'avais autant écarquillé les yeux devant la Toile. Il y avait longtemps également qu'un blockbuster n'avait pas été aussi - agréablement - allégé en larmoiements, grosse musique catastrophe, dialogues inutiles et blagues potaches et prévisibles. Ici, les principaux ingrédients sont les émotions et les éléments, sur fond de clair de Terre et d'une bande originale épurée menée par Steven Price. A vous de voir si vous vous prenez au jeu évidemment. 

 

Gravaity de Alfonso Cuarón avec Sandra Bullock, George Clooney, Ed Harris - sortie le 23 octobre 2013

 

PS : mention spéciale à la scène où elle enlève sa combinaison de cosmonaute... la libération est à la fois matérielle, psychologique et gravitationnelle. Voilà. Chuuuut, je n'en dirai pas plus. 

PS2 : bonus...

Jonas Cuarón, le créateur de l’impressionnant film Gravity, nous révèle un spin-off du film, un court métrage intitulé “Aningaaq“, qui nous dévoile une autre facette de la conversation de Ryan Stone aka Sandra Bullock ! Attention, si vous n’avez pas vu le film Gravity, passez votre chemin ! Ce court métrage , nous dévoile en effet l’inuit responsable de cette étrange conversation dans l’espace…

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minary 03/12/2013 09:42

Renaissance "réussie" sur une nouvelle terre pour dr. Ryan Stone ....mais que ce fut difficile,et à quel prix.
Je me contenterai des images magnifiques ,plein les mirettes!