Pirates des Pléiades : Albator, Corsaire de l'Espace

Publié le par PimentWouj

Fans de mangas trentenaires - comme moi quoi - et autres - de tous poils donc, vous avez certainement déjà vu ou entendu parler du Corsaire de l'espace : Harlock - enfin plus communément Albator puisqu'il faut toujours mettre une traduction à la con aux noms japonais en France, protagoniste number one de l'univers du grand maître Leiji Matsumoto.... 

D'emblée, sachez que le film n'est pas réalisé par Matsumoto himself mais par Shinji Aramaki - grand faiseur des films Appleseed - en collaboration avec Harutoshi Fukui, Kiyoto Takeuchi et les cadors de l'infographie de la Toëi Animation

On retrouve quelques personnages phares de l'univers SF des différentes saga : Harlock et son fidèle Oiseau, Miimé, Yattaran, Kei et l'incontournable Toshirô en l'état d'âme de l'Arcadia. A leurs côtés un trio complexe : Yama, nouvelle recrue de l'Arcadia; son grand frère Esra, Amiral des forces spatiales terriennes et Nami l'épouse de ce dernier.

L'histoire se déroule dans un futur lointain. La Terre est devenue une planète-sanctuaire interdite pour les humains éparpillés dans l'Espace et ne dispose pas d'assez de ressources pour héberger toute l’Humanité. Elle est dirigée par la Coalition Gaïa. Condamné à mort, insaisissable et partisan farouche de la liberté, Harlock décide d'affronter ouvertement la Coalition.

Dans le même temps, Yama, frère de l'amiral chef des forces spatiales terriennes, est envoyé par Gaïa pour infiltrer l'équipage de l'Arcadia, détruire le vaisseau et tuer Harlock. Yama découvre rapidement le plan d'Harlock : implanter la 99e et dernière bombe spatio-temporelle permettant de couper les nœuds du temps de l'univers. Alors que l'Arcadia se dirige vers la Terre, Gaïa installe des forces spatiales importantes pour détruire le vaisseau. Yama contacte alors son frère Esra pour lui expliquer qu'il est convaincu qu'Harlock veut le bien de l’humanité et qu'il doit renoncer à le tuer. L'amiral révèle à son frère qu'un siècle auparavant, c'est Harlock lui-même qui a détruit la Terre en l'inondant de « matière noire » manipulée avec l'aide de Miimé, la faisant devenir une planète morte et stérile. Plus qu'un combat inné pour la liberté, Harlock est donc animé par la rédemption...

Verdict ? J'ai le regard d'une manga-addict intéressée par l'oeuvre de Leiji Matsumoto (Interstella 5555, Galaxy Express 999, Maetel Legend, Cosmowarrior Zero, Space Symphony Maetel, L'Anneau des Nibelungen), mais pas pourtant accro ni experte d'Harlock. Et pour moi ce long métrage Space pirate Captain Harlock - que je n'ai pas vu en 3D je précise - est un bel hommage, très réussit graphiquement et délicieusement sombre. Certe, il manque les petits traits d'humours qui ponctuaient parfois l'oeuvre d'origine; absence d'autant plus remarquée par la crispation accentuée du pirate. On peut d'ailleurs être surpris de voir à quel point Harlock est en "retrait", taciturne, presque l'ombre de lui-même. Imprégné de redemption, il semble se réfugier derrière sa légende plutôt que de pleinement la mener face à ses ennemis. Une atmosphère froide de "vaisseau fantôme" règne d'ailleurs lors des différentes scènes se déroulant à bord de l'Arcadia. Le fruit du génie de feu-Toshirô est plus effrayant et imposant que jamais, loin de l'image un peu kitch qu'il dégageait dans la série d'origine. La proue en forme de crâne de mort géant fait une impression visuelle vraiment forte ! Miimé est plus que jamais l'illustration d'une aquatique "Fille du Rhin". Au final, seuls la "luminosité" de Keï et le "parlé tonitruant" de Yattaran semblent être à même de maintenir l'équipage animé, motivé et soudé. 

Yama n'est pas inintéressant et il n'est pas sans rappeler le personnage de Tadashi qui apparaît régulièrement dans l'univers d'Harlock. Il offre surtout et facilement ce qui pourrait être une vision du Capitaine lui-même, jeune. Son opposition sous-jacente et hésitante face à son frère Esra est totalement dans l'esprit du liant présent dans les oeuvres de Matsumoto.  

Au final, on peut reprocher à Space pirate Captain Harlock - amputé de 15 mn pour la version dire "Occidentale" - de manquer un peu d'action et de rebondissements. Un peu d'humour saupoudré finement ici ou là aurait également été de bon aloi. Cependant, là n'est pas forcément la question. Le long-métrage de Shinji Aramaki fait un hommage visuel lyrique et poétique à la hauteur d'une l'oeuvre qui le méritait depuis longtemps. J'ai lu parfois des commentaires - navrants - d'internautes regrettant qu'ils n'aient pas préféré une "version live". Heureusement pour nous - les spectateurs sains d'esprit j'entends - Matsumoto et les architectes du projet ont été moins c... Euuuh plus inspirés - smile. D'ailleurs de l'avis du maître, Space pirate Captain Harlock "respecte le personnage dont les valeurs sont intemporelles" et d'ajouter "Le message d'Harlock est source d'optimisme. A ses yeux, la paix et la protection de la Terre restent essentiels". Tout comme son personnage immortel, il annonce, serein :"Il faut que je continue, je vais lever l'ancre et poursuivre le voyage...". 

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