Pourquoi tu dois mater True Detective

Publié le par PimentWouj

Au commencement il y a les "gueules", celles de Woody Harrelson et Matthew McConaughey alias Martin Hart et Rust Cohle.

Ensuite il y a Far From Any Road, l'opening-thème country affable et hypnotique - qui te donne envie de faire l'amour à un arbre - de The Handsome Family, aux extraits choisis savoureux :

When the last light warms the rocks,

And the rattlesnakes unfold,

Mountain cats will come to drag away your bones

Puis viennent La Louisiane et ses Bayous : tortueux, humides, poisseux et hantés.

Le tout donne True Detective, LA série de ce début d'année 2014. 

Il y a quelques mois de ça, quand j'avais entendu parler de ce projet mené par Nic Pizzolatto - inconnu au bataillon, je salivais déjà et me frottais frénétiquement les mains - un lecteur averti se demanderai ici pourquoi (????), étant donné qu'une série TV n'est ni goûteuse ni soyeuse au toucher... Il se trouve que j'avais eu du flair. Dès le premier épisode, True Detective te balance une grosse gifle dans ta gueule de bouffeur fatigué de TV shows sauce barbecue - traduction : US. Tu peux te dire pendant quelques - ridicules - secondes "putain c'est du déjà vu : des putes, un tueur bien dégueu, Dieu et l'Amérique profonde !". Mais bien vite, tu te rends à l'évidence : t'as devant toi de la pure came question série. Tu reluques là de l'inédit, de l'original labellisé bio, du frais, du neuf, de l'adrénalide pixélisée toute chaude sortie du four. Dans l'anthologie des duos de détectives, pas sûre qu'il existe l'équivalent du tandem Hart-Cohle... Il n'y a pas le gentil et le méchant flic. Il n'y a pas non plus le gars posé tranquille opposé au bourlingueur azimuté. On a encore moins le ripoux face au sauveur de la Veuve et l'Orphelin. Non, Marty et Rust sont tous deux sous propulsion à demi maîtrisée et on le sent très rapidement, proche de laisser certaines choses les entraîner vers le fond, quel qu'il soit. Le pitch : Le meurtre sauvage et probablement rituel de Dora Lange en 1995 même à la traque d'un serial killer. Cette enquête est le terrain qui mènera à la confrontation des méthodes et des personnalités tranchées de deux détectives.

Si Woody Harrelson compose un rôle qui fait la part belle à sa capacité oculaire de fou furieux à la demande et de pression distillée, c'est Matthew McConaughey qui te scotch le slip sur la tête. Le visage creusé, le regard perçant, la démarche posée comme un chat sur une rambarde et son indécrottable carnet de notes à la main; il jauge, décortique, analyse et scrute tout ce qui est à portée de ses sens. Il "épluche" littéralement la réalité pour en sortir le noyau des évènements.

On est ici dans le passé de cette rencontre, entrecoupé de scènes du présent où la route de chacun de ces deux hommes ignore désormais l'autre... On meurt d'envie d'en savoir plus. On meurt d'envie de les voir torturés puis sauvés. On meurt d'envie de voir le Mal libéré puis emprisonné... it's just the true...

Et pour ceux - comme moi - qui n'en ont jamais assez après chaque épisode, faites votre Rusty(ie) en structant http://www.darknessbecomesyou.com

True Detective de Nic Pizzolatto avec Woody Harrelson, Matthew McConaughey, Michelle Monaghan - 2014 - HBO - Saison 1 - 8 épisodes de 50mn

PS : HBO a renouvelé le contrat de Nic Pizzolatto, et ce dernier a commencé à plancher sur la suite. "Si nous devons continuer, le cadre sera l'un des personnages majeurs, avec les acteurs principaux", a-t-il déclaré au site Deadline en guise d'indice. Et puisque l'on parle des interprètes, il y a fort peu de chances que Matthew McConaughey et Woody Harrelson rempilent - ouin, snif, bouh,...ok, dans la mesure où leur deal ne porte que sur une saison, et que la suivante se focalisera sur de nouveaux protagonistes et une autre histoire, façon American Horror Story. S'il est trop tôt pour être fixés, la prochaine intrigue pourrait tourner autour d'une "vaste conspiration, d'un meurtre dans un petit village, voire ne pas contenir de crime", comme l'a indiqué Nic Pizzolatto. Wait and see....

Lire l'interview de Nic Pizzolatto par l'Express ici

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