Arrêtez de fantasmer sur "l'oeuvre ultime" de Miyazaki !

Publié le par PimentWouj

Comme toute fan de mangas et de l'univers Ghiblio-Miyazakiesque, je me suis réjouie de l'annonce en son temps du long-métrage Le Vent se lève - Kaze Tachinu en VO, 11ème de la filmo d'Hayao Miyazaki. Et cette semaine, en cinéphile gourmande, curieuse et impatiente, j'ai été payer mon billet d'entrée au Pathoche du coin pour m'en mettre plein les mirettes... J'en suis bien revenue depuis...

Il faut dire que même en voulant jouer la sourde-oreille, je n'ai pu m'empêcher ici ou là d'entendre qu'il s'agissait là du "plus abouti des films d'Hayao Miyazaki", de son "oeuvre ultime", d'un "clap de fin magistral" pour celui qui dans la foulée, a annoncé sa retraire en tant que réalisateur. Et bien soit H&M-senseï - le jeu de mots est lamentable, pardon, j'entends que Le Vent se lève est ta dernière signature de réalisateur pour le cinéma, qu'il s'agit pour toi de la concrétisation d'un rêve que de porter à l'écran l'histoire de Jiro Horikoshi, que le mélange des dessins, décors peints et du numérique ont atteint une harmonie visible unique dans chaque scène du film, que tu es ému jusqu'au larmes par l'aboutissement de ce projet. J'ignore de fait les critiques obscurantistes et liberticides selons lesquelles se film "fait mal" à tous les anciens ennemis martials du Japon, car faisant "l'apologie de la guerre".

Mais pour moi le Vent se lève tout comme Le Château Ambulant il y a dix ans déjà, où même Ponyo sur la Falaise plus récemment, ne me fait pas "rêver". Or quand je vais voir un de tes films, cher Senseï, je m'attends à m'évader, m'oublier, m'envoler, plonger dans un monde à part. Alors certes, tes oeuvres qui m'ont le plus fait triper sont les plus fantasmagoriques - mais depuis quand n'ai-je pas eu l'occasion d'utiliser ce mot (?????) : Mon voisin Totoro, Princesse Mononoke, Le Voyage de Chihiro. J'ai trouvé très réussi graphiquement ton Porco Rosso, mais en quelque sorte inabouti... Et je n'ai pas du tout été transportée par ton Château dans le Ciel

Le Vent se lève, lui, m'a tout juste confirmé ton talent de réalisateur. Mais j'ai trouvé l'histoire sans grand intérêt pour ceux qui n'ont pas une connaissance suffisante de l'histoire du Japon pré-Seconde Guerre Mondiale. Par ailleurs, nombres de pants du récit sont survolés quand d'aures sont inutilement détaillés. Le long-métrage en lui-même m'a semblé très long...trop long. J'ai espéré la fin plus tôt que prévue : chocking ! 

J'ai donc envie de dire à tes fans d'y aller sans se précipiter et d'arrêter de voir cela comme un pélérinage vers ton testament artistique. Osez être ennuyés par ce film même de façon gênée. Je ne doute pas qu'Hayao Miyazaki y a mit son âme et peut-être que c'est ça justement le problème : le film est introspectif, intime, troublé par des convictions profondes et un vécu pas forcément partagé par le public. Le Vent se Lève ne résume pas à lui tout seul le cinéma de Miyazaki - loin de là - et l'objectivité, pour celui qui n'a rien offert à son public depuis 5 ans, est plus que jamais de rigueur. 

PS : Si vous vous situez aux antipodes de ce post, rendez-vous sur l'excellent - et qu'on ne présente plus - site Buta Connection pour une analyse complète du projet Le Vent se lève.

PSbis : Personnellement je vais plutôt me replonger avec délice dans ma propre époque chérie du Studio Ghibli

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