Born in the U.S.A : Take Shelter & Killing Fields

Publié le par PimentWouj

Et voilà ! Le premier Piment de 2012 a pour thème le cinoche - what else ?... On ne se refait pas ! Ainsi, la semaine dernière j'ai vu coup sur coup Take Shelter de Jeff Nichols et Killing Fields d'Ami Canaan Mann. Les points communs de ces deux films : l'Amérique profonde, les esprits troublés et... Jessica Chastain.

 

Commençons par Take Shelter.L'histoire se déroule dans les campagnes de l'Ohio. Le paysage est taciturne, plat et dénué d'émotion, tout comme le visage de Curtis LaForche/Michael Shannon II, père de famille sans histoire et inscrit dans un quotidien immuable et lisse.

Mais un grain de sable vient rayer la surface du disque et Curtis commence à dérailler. Il perçoit - ou croît percevoir - l'imminence d'une catastrophe naturelle, d'une tornade apocalyptique accompagnée d'une pluie jaune et visqueuse.

 

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Curtis LaForche (Michael Shannon II) et sa fille

 

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Samantha LaForche (Jessica Chastain)

 

La ponctualité des visions de Curtis va crescendo et une paranoïa sournoise s'insinue dans son quotidien. Sa femme Sam/Jessica Chastain  ( Tree Of Life) assiste aimante et impuissante à sa lente descente au enfers. Curtis a peur de ce qu'il voit et de ce qui peut arriver. Dans Take Shelter, Jeff Nichols n'explore pas seulement la psychose paranoïaque. Il met également en avant la culture profonde américaine : celle des liens communautaires ruraux et du culte de la nécessité des abris souterrains. Le film est une véritable partition retenue en più piano... Le spectateur est lui aussi pris au piège des vision de Curtis. On se questionne sur son passé, on s'imagine à sa place, on souffre et on se demande comment cela va finir. Et justement le film terminera en laissant la part belle aux hypothèses. Vous dévoiler la mienne serait trop en dire sur le final donc je garderai cela pour moi. Take Shelter est à conseiller - uniquement - à ceux qui aime l'apesanteur cinématographique et les tortures cérébro-artistiques.

 


 

Passons à Killing Fields. Réalisé par Ami Canaan Mann - fille de, ce film nous plonge dans l'ambiance moite et glauque des bayous proches de Texas City. Ici le temps semble perdu entre les crimes sales, les volutes des pots d'échappements et les grincements des baraques. Un duo d'enquêteurs, l'inspecteur Mike Souder/Sam Worthington (Avatar), texan impulsif et vengeur et l'inspecteur Brian Heigh/Jeffrey Dean Morgan, homme de foi instinctif, font équipe pour résoudre l'énigme de la disparition d'une jeune femme dans les Killing Fields, no man's land boueux et humide qui marque la frontière avec le comté voisin.

 

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Mike Souder (Sam Worthington) et Brian Heigh (Jeffrey Dean Morgan)


L'affaire se complique lorsque l'ex-femme de Souder, l'inspecteur Pam Stall/Jessica Chastain leur demande de l'aide sur une série de meurtres commis sur des jeunes femmes et que la potentielle prochaine victime est Anne, une gamine en difficulté dont Heigh s'est pris d'affection. La réalité malsaine du Texas, englué dans la pauvreté, l'insalubrité, le désespoir et le crime est filmé sans enrobage par Ami Canaan Mann. L'ajout d'une confrontation entre la foi chrétienne et le mysticisme diabolique du bayou étoffe l'ambiance générale du film. Sam Worthington s'offre une porte de sortie vers les films concrets et Jessica Chastain prouve - enfin - qu'elle peut être autre chose qu'une jolie femme au foyer effacée. Une mention spéciale également pour Chloé Moretz (Kick-Ass) qui montre qu'elle a tout d'une grande. Killing Fields ne tombe pas dans le piège de la laideur des images de crime sexuel ni dans l'émulsion d'hémoglobine. Tout est suggéré et le décor naturel fait le reste. Avis aux amateurs d'histoires vraies...

 

 

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