Brad Pitt : jamais sans mon arme

Publié le par PimentWouj

 

 

 

Chocking ! Comme dirait Queen Mom. L'Apollon du Panthéon des stars hollywoodienne, dôté d'un charisme indiscutable et d'une vivacité d'esprit rare - en son milieu en tout cas ; j'ai nommé Brad Pitt, a provoqué des soubresauts offusqué auprès des bien pensants, avec une déclaration en faveur des armes à feu. 


La déclaration en question la voici - restituée dans son intégrité intégrale la plus totale par votre humble servitrice: "L'Amérique est un pays fondé sur les armes. C'est dans notre ADN. C'est étrange mais je me sens mieux quand j'ai une arme. Vraiment. Je ne me sens pas en sécurité, je n'ai pas l'impression que ma maison est hors de danger, si je n'ai pas une arme cachée quelque part." Ces mots ont été recueillis lors d'une interview accordée au Daily Mail, qui questionnait l'acteur sur la violence de son dernier film, Killing Them Softly, alors même que la récente tuerie d'Aurora à Denver semble avoir subit l'influence de l'ambiance noire de The Dark Knight Rises contexte

 

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Brad Pitt dans Killing The Softly (2012 - Andrew Dominik)


J'ai envie de vous dire "Et alors?". Brad Pitt, parce qu'il est taxé de personnalité publique et qu'il est étiquetté affilié à la philosophie Obama, n'a-t-il pas le droit d'exprimer ses opinions personnelles, surtout lorsqu'on lui pose la question précisément sur le sujet - brûlant - des armes à feu ? Doit-il faire preuve d'hypocrisie parce qu'un malade a fait des victimes en rejetant la responsabilité sur l'influence - supposée - forte d'une fiction ? 


Reprenons ses propos pas à pas. "L'Amérique est un pays fondé sur les armes. C'est dans notre ADN." En soi, et même pour ceux qui n'ont pas vu des films tels que Gangs of New-York de Scorcese - pour ne citer que celui-là, cette affirmation est vraie. L'Amérique s'est faite par des guerres sanglantes, notamment entre les colons de divers pays d'Europe qui, rappelons le, étaient souvent constitutifs des pires raclures des sociétés du Vieux Monde, et les autochtones du Nouveau Monde. Dans les grandes villes américaines, les rapports de force et les tendances politiques se sont imposées à coup de mitraillette et de sang douillé. De là à dire que c'est dans l'ADN des américains, c'est effectivement quelque peu poussif vu qu'aucune étude scientifique n'a été faite sur le sujet à ce jour - on me soufflet dans l'oreillette que les frères Bogdanov sont sur le coup. Mais je pense que sur ce point, Brad Pitt faisait plutôt appel à de la métaphore physiologico-émotionnelle. 

 

Ensuite Brad Pitt déclare "[...]C'est étrange mais je me sens mieux quand j'ai une arme. Vraiment. Je ne me sens pas en sécurité, je n'ai pas l'impression que ma maison est hors de danger, si je n'ai pas une arme cachée quelque part." Là encore, en quoi cette idée peut-elle choquer ? Brad Pitt, comme tout citoyen lambda des Stazunis, a bien le droit d'avoir ce ressenti, non ? D'ailleurs vu la paranoïa régulièrement orchestrée par les agences de sécurité gouvernementales du pays, la presse, divers groupes obscurs et même certains Présidents, on ne peut pas s'étonner de l'existence d'un tel courant de pensée chez les citoyens US - au contraire même. Au nom des victimes de meurtre, on ne devrait pas dire qu'une arme peut nous rassurer ? Absurde ! On peut à la fois reconnaître le malheur de ceux qui perdent un proche dans une fusillade, tout en avouant se sentir protégé par le port d'une arme. D'ailleurs il serait certainement très intéressant de présenter à ceux qui tressautent au mot "arme" une enquête du nombre de personnes qui détenaient une arme chez elles ou dans leur voiture, parmi les victimes d'Aurora - sans oublier la présence d'une gamine de 6 ans à la projection d'un film interdit aux moins de 12 ans ... histoire de montrer qu'une chose n'a pas de rapport avec l'autre. Je ne milite pas pour le port d'arme à feu, mais pour le bon sens et la fin de la langue de bois vermoulue.

 

Brad Pitt a complété cette déclaration au Daily Mail en ajoutant : "[...] nous avons trop peur de laisser tomber nos armes alors que nos ennemis gardent les leurs. C'est notre mode de pensée. Je vous le dis, nous ne connaissons pas d'Amérique sans armes." Là encore, l'acteur américain n'invente rien. Il se contente de rappeler à voix haute ce qui fait le fondement du raisonnement intemporel des américains. On adhère ou pas, mais force est de constater que cet aveu n'est en rien révolutionnaire. Il suffit de sortir des sentiers goudronnés des JT nationaux et de se plonger dans la terre battue des reportages hors champs pour voir que l'Amérique  - et ce pays n'est pas le seul - fonctionne ainsi : "Si tu raccroches, je raccroche !

 

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Brad Pitt dans The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford (2007 - Andrew Dominik)

 

Bref, rien de neuf sous le soleil dans ces quelques propos si ce n'est un peu de franchise à la place d'un "Oh my gosh ! " suintant la complaisance risible. Quant à pointer du doigt les films violents, je ne connais pas la position de Brad Pitt sur le sujet mais la mienne en tout cas est de dire STOP ! Arrêtons de vouloir punir tout le monde pour une minorité de malades. Il suffit de lire la presse locale ou de voir les JT pour pouvoir s'inspirer d'horreurs bien réelles. Le tueur d'Aurora avait l'embarras du choix dans les criminels morts ou existant pour "mettre en scène" sa tuerie. Et alors quoi ? Si il avait dit avoir voulu "jouer à Al Capone" on aurait voté un amendement interdisant que le nom du gangster soit prononcé sur le territoire ? 


Qu'on le veuille ou non, le mythe du cow-boy avec son Stetson, son six-coups et sa cigarette au bec persiste dans l'imaginaire héroique Américain et universel et sera toujours perçu comme "cool" par des générations de gamins et d'adultes. Qu'on ne fasse pas de pub tapageuse pour les armes, qu'on en contrôle la circulation, l'achat et l'utilisation évidemment. Qu'on condamne toute tuerie, incitation à la violence avec armes et tout propos vantant leur utilisation anarchique ou leur existence même, c'est plus que normal ! Mais restons lucide, on ne peut pas non plus sauter sur sa chaise dès que quelqu'un dit apprécier les armes en public. Pour cette torride déclaration d'amour aux armes, Brad Pitt est désormais rangé aux côtés de Charlton Heston et Clint Eastwood... dommage car la teneur des propos et des idées n'est pas tout à fait la même - euphémisme powaa. 

 

Pour finir, notons que Brad Pitt a révélé qu'il avait eu une arme entre les mains très jeune, bien qu'il ai bénéficié d'une très bonne éducation... comme des milliers d'enfants américains. 

Il est bon de remarquer que l'on met de nos jours au même rang ce genre de déclaration sans incidence, de la part d'une star du show-biz, avec celles parfois honteuses de politiques censés "nous gouverner tous". A bon entendeurs soucieux des véritables informations, salut ! 

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Mon Histoire 09/11/2012 14:10

Il n'a pas tort... C'est ça l'Amérique, nous en déplaise...

minary 20/09/2012 19:52

Sur ps3 ou xbox il m'arrive de jouer souvent avec des armes et c'est un vrai plaisir de zigouiller -soit avec des armes existantes et d'autres abracadabrantes- tout ce qui se présente devant ;
Mais ceci est une autre histoire;