Exquises couleurs : Le Tableau

Publié le par PimentWouj

Le cinéma offre parfois des moments de grâce, emprunts d'une douceur et d'une poésie que l'on pourrait presque croire disparus. C'est ainsi que j'ai perçue la projection d'une petite perle d'animation franco-belge : Le Tableau.

 

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Affiche du film Le Tableau

 

Dans la lignée du mythique Le Roi et l'Oiseau, Le Tableau de Jean-François Laquionie, s'inscrit dans la lignée de ces films pour petits et grands qui se font extrêmement rares de nos jours. Sans renfort d'images de synthèses, de musiques envahissantes et de chorégraphies aberrantes, Le Tableau offre simplement la base de "l'appareil" de tout film digne de ce nom : une histoire et des images. Attention, n'entendez pas là que ce film est simpliste, bien au contraire.

 

L'histoire est celle des personnages d'un tableau inachevé. Dans un château vivent les Toupeints, pétris d'arrogance et de mépris pour ceux qui leur sont, croient-ils, inférieurs en finition. Dans le jardin vivent les Pasfinis, êtres inachevés à qui ça et là, il manque quelques touches de peinture pour donner vie à leur fierté. Et puis à la lisière de la forêt maudite vivent les Reufs, esquisses frêles et tremblantes, bannis de tous.

 

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Lola, de la communauté des Pasfinis

 

Le hasard mêlés à des évènements tragiques vont réunirent un membre de chacune de ces communautés et leur intrépidité va les mener... hors du tableau. Dès lors, Ramo le Toupeints, Lola la Pasfinis et Plume le Reufs, aidés de Magenta, tout droit sorti d'une autre oeuvre, vont s'employer à retrouver Le Peintre, pour enfin comprendre pourquoi il a laissé leur tableau ainsi mais aussi tenter d'élucider d'autres mystères qui semblent l'entourer.

 

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Ramo, de la communauté des Toupaints, dans l'atelier du Peintre

 

Contrairement aux apparences, Le Tableau n'est pas un simple conte gentillet. Les faits qui opposent les Toupeints aux Pafinis et aux Reufs constituent une satyre intelligente sur les apparences qui ont une place très importante dans nos sociétés modernes. Sans message criard ni sous-titrage en gras, Le Tableau offre une ode à la tolérance et à la richesse de la mixité des peuples. Les craintes de l'Homme sur la différence et son besoin de comprendre plus que de se laisser surprendre sont ici joliment esquissés. Et puis Le Tableau c'est aussi un hommage aux peintres des années 30, puisque de l'aveu de Jean-François Laquionie lui-même, je cite :"Le protagoniste est influencé par Matisse ou Derain, Bonnard pour sa palette, Gaudi pour les décors." Sur fond d'une composition musicale très douce et d'antan et agrémenté par des voix empruntent de sobriété - assez rare dans un film d'animation pour le souligner, Le Tableau reconstitue parfaitement une ambiance artistique d'époque. Un pur moment de cinéma comme vous en verrez rarement... vous ne voudriez pas laisser ce Tableau vous passer sou le nez ?

 

 

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