le Baby Blues du Chaton

Publié le par PimentWouj

 

 

 

Depuis maintenant presque dix ans, j'ai des chats. Autant que je me souvienne, j'ai toujours voulu en avoir ou presque. Je suis née moitié féline pourrait-on dire. Les chats me fascinaient et m'attiraient autant que les chiens m'étaient repoussant et me faisaient peur. Maman n'en voulait pas à la maison. Mais maman m'offrit quand même ce qui fut l'objet de ma perdition : un livre sur les félins. Et à la page 59 de ce livre chéri-maudit, je voyais la première image de la race qui allait être l'objet de tous mes désirs félins : le Scottish Fold.

 

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la fameuse page 59©Moko Mad'moiselle

 

Quelques années, une indépendance mobilière et financière et deux chats plus tard, me voilà avec un heureux évènement à la maison : un bébé Scottish Fold de 9 semaines que j'ai nommé Hiro

 

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Hiro©Moko Mad'moiselle

 

Mon Européen, Mouta-de-la-SPA et ma Scottish Fold Vanina, forment un duo très fusionnels. Ils passent leur journée à se câliner, s'emmêler les papattes et se lêchouiller mutuellement le poil. Mais Hiro, mon tout jeune bébé Scottish, n'est pas le bienvenu auprès de ses pairs. Ils ne l'agressent jamais mais le dédaigne, l'ignore, feulent doucement après lui genre "ne nous approche pas on est bien mieux à deux !". Résultat des courses, moi qui comptait, comme la première fois, sur Mouta pour s'étouffer en ronronnements affectueux avec le chaton - et inciter sa compère à faire de même, je me retrouve à .... devoir jouer se rôle moi-même ! Attention, je ne ronronne pas avec lui - pas tout à fait. Mais je suis sa maman avec qui il dort et sieste, sa nourrice qui lui montre litière, gamelle et arbre à chat et sa grande soeur qui le fait jouer chaque fois qu'il à besoin de se dépenser et d'être stimulé. A première vue et rapporté de cette façon, tout ceci à juste l'air A-DO-RABLE. Mais dans la réalité, je prends conscience que je commence à développer un attachement démesuré et lui aussi fusionnel avec Hiro. En quelques jours - 5 pour être précise, je me suis vue incapable de ne pas penser à lui à chaque heure de la journée. Je suis toujours inquiète quand je suis au boulot, de savoir si mes deux chats adultes - enfin seniors maintenant - ne vont pas se transformer en féli-Hulk et s'en prendre à lui - assez improbable pourtant. Quand je rentre, j'ai besoin de le voir, de le prendre dans mes bras, de sentir son odeur, d'entendre son ronronnement et ses piaillements-miauleurs de chaton. Je laisse de côté le temps que je suis censée me consacrer pour jouer avec lui jusqu'à ce qu'il décide qu'il en a assez. Je veille à ce qu'il se nourrisse correctement. Je mets plus de soin que je n'en ai jamais mis pour moi-même ces 20 dernières années, pour lui administrer ses médicaments. J'ignore ma propre fragilité oculaire et l'hygiène qu'elle demande en le laissant se frotter et dormir près de mon visage la nuit. S'il réclame ma présence pour faire sa sieste - 3 fois en quatre jours, je cède, même si je n'ai ni l'envie ni le temps de dormir. Et puis je commence à avoir envie de pleurer quand les autres chats de la maison ne répondent pas à ses appels au jeu. J'ai carrément envie de chialer ma race en pensant aux vacances à venir - 15 jours loins de la maison, en me demandant comment je vais pouvoir l'abandonner, le laisser dormir sans moi, supporter de ne pas pouvoir le voir et le touche, etc .... Et surtout, j'ai constamment peur de ne pas être à la hauteur et de ne pas m'en occuper comme il faut. 

 

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Hiro©Moko Mad'moiselle

 

J'ai finit par mettre un terme sur ce qui m'arrivait : le baby blues. J'imagine déjà le lecteur de ces lignes, s'esclaffer et se dire que décidément cet article n'est pas sérieux. Mais même si je me sens un peu honteuse de mon état, je sais que c'est ce que je vis actuellement.  Est-ce que le fait d'être une femme de 30 ans sans enfants à généré, avec l'arrivée de ce petit chaton, un transfert de maternité ? Écrire cet article et penser à ces choses me donne également envie de pleurer. Le regarder simplement dormir me mets les larmes aux yeux. mais WTF ???? Que m'arrive-t-il ? Est-ce qu'une petite boule de poils animale d'un kilo tout mouillé peut créer un tel bouleversement chez l'être humain ? J'ai dépassé le stade de la simple extase devant la mignonitude excessive et reconnue, du chaton Scottish Fold. Soit je délire; soit j'ai trouvé un sens humain - provisoire ? - à ma vie. Difficile à concevoir et surtout à accepter aussi facilement. Pourtant, je me souviens comme si c'était hier de l'adoption de Vanina, ma première Scottish Fold, ce qui voulait dire beaucoup pour moi. Je n'ai jamais eux de sentiments aussi exacerbés, même si j'étais particulièrement heureuse de l'intégrer à mon foyer.  Cela rend ce supposé ou vrai état de baby blues encore plus déstabilisant. Je ne m'attendais vraiment pas à réagir comme une "vraie" mère venant de mettre au monde un bout de chou. Évidemment, comme toute "maman" en plein délire post-adoption de son petit, je me sens obliger d'inciter chaque personne de mon entourage à participer et à partager ma perdition personnelle. Ainsi, en attendant un diagnostic - non-professionnel - définitif sur mon baby blues, je te propose, cher lecteur, de venir toi aussi tomber en pâmoison devant Hiro en venant voir - et pourquoi pas "liker" - sa page Facebook officielle. Car oui, le délirium ambiant qui me submerge ne s'est pas arrêté à une fluctuation violente d'émotions positives envers Hiro. Il a fallu en plus que j'atteigne le comble du paroxysme du meilleur du pire à faire à son chat, en les mettant en avant sur un réseau social. C'est grave docteur ?

 

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L'auteur de cet article déclare que le présent texte n'a évidemment pas pour but de vous dé-inciter à adopter un chat, petit ou grand, de race ou non.

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aurelieee 09/06/2013 08:21

Bonjour,
Je pense être dans cette situation et je le vis très mal. Comment ça a desormais?

PimentWouj 10/06/2013 09:03

Bonjour,
Ça va bien mieux aujourd'hui. Ce baby blues a duré plusieurs semaines, puis un nouveau rythme s'est installé et une complicité différente est apparue. Certes, mon p'tit Hiro ne dormait plu à longueur de nuit collé au bout de mon oreiller mais il est tjs aussi tendre et affectueux, tout en ayant adopté son indépendance féline. Il faut surtout en parler et ne pas s'en vouloir ou désespérer. Ces petits êtres sont si mignons et fragiles qu'on développe pour eux une affection exacerbée... mais il faut réussir à prendre du recul et relativiser. Bon courage pour la suite.

Floreval 25/04/2013 11:23

Je ne pense pas que vous soyez la seule dans cette situation, la recherche de la compagnie de l'amour de nos petits chats est naturelle pour beaucoup ^^.

Combien de chats avez-vous désormais ?

PimentWouj 02/05/2013 08:01

Bonjour,
Aujourd'hui je n'en ai plus qu'un, mon petit dernier justement, pour qui j'avais fais ce fameux "chaton blues".