Les aventuriers et l'E.T perdu : Super 8

Publié le par PimentWouj

Que se passerait-il si on mélangeait, comme du café avec de la crème, deux cinéma : celui de Christopher Nolan et celui de Terrence Malick ? Nous aurions sûrement droit à un film hybride, avec plongée onirique au milieu de building géants, scènes métaphysiques sur l'activité de la croûte terrestre se mouvant à plusieurs pieds sous le bitume, le tout sur fond de musique d'orchestre pesante, puissante, avec force cuivre et cordes... Peut-être que cela serait tout autre chose aussi... qui sait ? 


Sans avoir posée la question, j'ai su par contre ce que pouvait donner le mélange des genres, entre le cinéma de J.J Abrams (Lost, Cloverfield) et celui de Steven Spielberg (E.T, Rencontre du 3ème type, Indiana Jones). Ainsi, hier soir, je me suis glissée dans une salle obscure (hem..euh en fait c'était bien moins théâtral hein. J'ai juste payé mon billet et j'suis entrée ^_^) pour voir sur grand écran Super 8, le bébé né de leurs imaginations partagées.


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affiche française de Super 8


J'avoue être venue pleine d'appréhension, mon petit J.J Abrams illustré en tête, me demandant si j'allais voir réellement une "histoire", avec un début et une fin, ou encore une de ses facéties me laissant sur ma fin (cf. Cloverfield,... et même pourquoi pas Lost). Il n'en est rien. Abrams et Spielberg on vraiment concocté une recette à deux. L'histoire de Super 8 est celle d'une bande de gamins vivant à Lillian, dans l'Ohio. Au cours de l'Eté 1979, ils vont tourner un film en caméra Super8 pour participer à un concours. Alors qu'ils filment une scène sur le quai d'une gare en pleine nuit, ils sont témoins d'une collision spectaculaire entre un pick-up et un train de marchandises. A partir de cet instant, entre disparitions d'habitants, phénomènes inexpliqués et mouvements militaires permanents, le quotidien tranquille de la ville va être bouleversé. Très vite, on devine la présence d'un truc-pas-très-terrestre. Au centre du conflit, on retrouve aussi un père, Jakson Lamb - shérif-adjoint de la ville - et son fils Joe, qui vivent les évènements à travers leur relation père/fils conflictuelle. 

 

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Elle Fanning, Joel Courtney, Riley Griffiths, Ryan Lee, Gabriel Basso et Zach Mills


Évidemment, je ne vous dévoilerai pas ici les intrigues et les détails de l'aventure. Je peux dire que pour ma part, le film est mené avec cohérence et justesse. On peut sentir qu'il y a eu une vraie connivence entre Abrams et Spielberg. D'ailleurs le second avait "découvert" le premier alors qu'il faisait ses premiers pas de réalisateur (tout n'est pas toujours dû au hasard finalement ...).


Cependant, à mon goût, j'ai (beaucoup) trop retrouvé certaines références aux univers de l'un et l'autre. En effet, comment ne pas avoir (presque) l'impression (grosso modo) de voir sous nos yeux : Les Goonies 2 : The Dark E.T Revange ... Car la bande de gamins fait étrangement penser à celle des Goonies avec un (très lointain) soupçon des 4 garçons de la (superbe) nouvelle de Stephen King : Le Corps. La bête extra terrestre est un parfait mélange d'E.T et de ce que pourrait être celle (jamais vue) de Cloverfield. Les bicyclettes foisonnent (mais ne s'envolent pas), le monstre est invisible une bonne partie du film, etc ....On retrouve même l'éternel bruitage "cri-caverneux-de-monstre" recyclé par J.J Abrams dans Lost, Cloverfield et maintenant dans Super 8 (oO). Michael Giachinno (Lost) est aux commandes de la B.O et fait même une apparition au casting. Côté casting d'ailleurs, je remercie Steven Spielberg (et Dieu) de ne pas avoir mis Tom "ultra bright Hunt" Cruise au milieu mais d'avoir plûtot parié sur Kyle Chandler (Demain à la Une) pour le premier rôle. Je donne une mention spéciale "LOL" aussi à David Gallagher (7 à la maison), dont le rôle de fumeur de joints looser doit faire frémir les restes de la famille Camden (hihihi).Quant à la bande de gamins, ils sont tous très bons et pleins de naturel juvénile. C'est un vrai régal de les voir à l'écran !

 

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Kyle Chandler

 

Pour résumer, je dirai que Super 8 est un très bon divertissement fantastique, bien plus réussi que ses cousins : La Guerre des Mondes et Cloverfield. L'histoire n'est certes, pas des plus originales; mais elle tiens la route et se laisse suivre facilement. Je reste quand même sur l'idée qu'il en faudrait un peu plus pour que ce film soit "culte". La bande-annonce et la connaissance du monde de J.J Abrams, couplé à la "griffe" de Steven Spielberg, laissait présager d'un film plus... mystérieux et insolite. Je ne m'attendais pas (vraiment) à une intrigue trop tordue. Mais je pensais quand même avoir droit à un peu plus de réflexion avant d'aboutir à la conclusion. Au final c'est un gros melting-pot/hommage aux deux cinéastes qui nous est livré... Super 8 est un film pour petits et grands enfants, bien menés, honnête et sympa... mais sans plus. 

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Martin K 05/08/2011 19:23


Ouais... assez d'accord avec toi, sauf que, n'étant pas du tout branché télé et n'ayant pas vu ses films ciné, je ne connaissais pas Abrams. Du coup, je ne sais pas, j'étais peut-être moins attente
et j'ai reçu le film comme un Spielberg "à l'ancienne". Comme si, en fait, le film avait été tourné dans les années 70 ou au début des 80s.

J'ai mieux aimé que toi, je crois. Je suis surpris par le fait que tu focalises l'essentiel de ta chronique sur l'action. Moi, j'ai vu aussi une histoire qui parle de l'amour, le premier amour,
l'amour des parents, l'amour des enfants, etc... et puis un film sur le deuil, aussi, le deuil des gens qu'on aime et celui des gens qu'on a été.

Ce n'est tout de même pas un film d'action basique tchac-tchac-boum-boum. J'ai trouvé très bonne la manière dont l'action laissait la place à l'émotion. Et réciproquement.

Enfin, au niveau technique, j'ai trouvé la photo remarquable, avec ces halos bleutés si Spielberg. Et quelle reconstitution de la vie des années 70, quand même !

Me dis pas que tu es passée à côté de tout ça ! :)


PimentWouj 16/08/2011 13:17



Je re-réponds à ton commentaire car j'ai trop laissé parler mon sentiments "non-fan" de Spielberg dans le premier. tu dis "j'ai reçu le film comme un Spielberg "à l'ancienne"". Le problème est là justement. Ce n'est pas censé être un film "de"
Spielberg mais de J.J Abrahms, avec la collaboration de ... Je n'ai pas été submergé au même degré que toi par l'amour (paternel, filial, amical, innocent, etc ...) dans le film. J'ai surtout
perçu beaucoup de clichés qu'en tant que spectatrice adulte je n'arrive pas à juste "regarder". J'analyse et je réfléchit. Et je me retrouve au final avec un décors édulcoré. Tu dis
"quelle reconstitution de la vie des années 70, quand même !" ... je n'ai rien trouvé de grandiose
désolée... on est loin du réalisme d'un roman de S.King. Car ici tout est bien, dans le meilleur des mondes. La réalité des patelins perdus des States c'est pas vraiment cette version
"bisounours". Je crois que ce qui m'a le plus gênée au final, c'est que je me suis faites avoir sur la promo du film. Tu le sais je l'avais déjà pointé dans mon article "Revue ciné 2011" et de ce
moment jusqu'à sa sortie, la bande annonce le vendait comme un film suspense-science-fiction à la Abrahms (qui est quand même LE réal hein ...). Pourquoi tromper le spectateur ainsi ? Ce film
était bel et bien un Spielberg gloubi-boulga avec Alien gentillet-pas-beau, vélo qui foisonnent, enfants débrouillards-émus et adultes au second plan.  Mais ce n'est pas ce que j'étais venu
voir.... Après comme je l'ai dit, c'est un honnête divertissement..mais pour moi sans plus.


 


et hop je viens de découvrir cet article de l'express qui réunit un peu les éléments qui m'ont blasée dans ce
films ...http://www.lexpress.fr/culture/cinema/super-8-une-aventure-du-club-des-cinq-puissance-10_1021068.html