les Cinéphiles, parias du Festival de Cannes !

Publié le par PimentWouj

Posons-nous un instant cette question essentielle : A qui sont destinés les films, primés ou non lors de Festivals renommés ? Aux professionnels du milieu ? Aux studios de productions qui cherchent à investir ? Aux journalistes et critiques de Cinéma ? A une élite formant une société secrète qui connaît tout sur chaque film qui a pu voir le jour ? Aux cinéphiles ? A tiens, parlons-en des cinéphiles. Qui sont-ils et que représentent-ils vraiment pour les réalisateurs et les acteurs ? 

Si je me questionne autant, c'est parce qu'après la mésaventure qui m'est arrivée 2 jours de suite au Festival International du Film de Cannes, j'ai finit par ne plus savoir pour qui existait réellement le cinéma. 

J'ai la chance d'avoir dans mes amis proche - B. si tu me lis... - quelqu'un qui, par le truchement du poids de son CE, a pu nous obtenir deux places pour voir, dans le cadre du Festival Un Certain Regard, les films Beast of the Southern Wild, de Benh Zeitlin et Antiviral de Brandon Cronenberg - fils de. Autant dire qu'en tant que cinéphile avérée, je me réjouissais à l'avance - en me frottant les pattes façon mouche - de pouvoir assister à ces deux projections exceptionnelles.

 

Armée de patience, de bonne humeur - et d'un bon parapluie le premier jour - j'ai fait la queue, deux fois. Deux fois j'ai espéré, fantasmé, anticipé, pour finir.... frustrée et désabusée. Parce que oui, pendant que toi, le cinéphile plein d'amour pour le 7ème Art, tu attends fébrilement de pouvoir réjouir tes sens et tes émotions, dans la file X - pour anonymes inutiles - qui t'est réservée, tu t'aperçois bien vite que tu ne comptes guère aux yeux de ceux qui régissent la foule qui grossit à vue d'oeil en bas des marches. Et là, tu commences à comprendre ce qui se trame. Tu passeras en bon dernier, si il y a des restes de places, dédaignées par les Autres.  Les Autres, se sont les journalistes et les invités V.I.P. C'est surtout à la première catégorie que tu va en vouloir, observant d'un oeil perçant leur nombre grotesquement abusif - quand on voit que les 1001 critiques pour un même film se ressemblent à peu près toutes - et leur notion plus qu'évasive et nonchalente du terme "tenue correcte exigée" - en gros : cheveux gras, tee-shirt et pantalons mi-nerd mi-geek et dos courbé. Toi tu as fait attention à ta tenue. Tu ne viens pas voir tous les films parce que c'est gratuit mais tu as fait une short-list que tu affectionnes comme un poussin sorti de l'oeuf. Tu conçois, avec humilité et reconnaissance, le privilège d'être là et de pouvoir peut-être, dans les minutes qui vont suivre, voir en avant-première mondiale un film qui semble très prometteur. Tu te tiens sage et tu entres presque dans une posture religieuse. Tu observes avec des yeux de chatte gourmande chaque individu ressemblant de près ou de loin à un passeur, qui va te mener du Styx à l'Elysée... Mais tout cela ne suffira par car le Cinéphile n'est pas l'égal du Journaliste. Il compte moins, voire peu, voire pas du tout. On finit par se demander si la file X n'a pas été créée pour distraire les autres pendant leur attente. Pour finir, après 30 minutes de défilé sous tes yeux, tu comprends que pour toi c'est fini...

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Tickets d'entrée Un Certain Regard ©PimentWouj

On peut rire de tout ceci. Et d'ailleurs la seconde moitié de ces deux journées n'a pas été gâchée bien au contraire. Mais franchement, le Festival de Cannes vient de prendre un sacré coup d'enclume dans mon estime. Des stars inaccessibles, des interdits dans tous les sens et pour finir le public lambda exclu purement et simplement des festivités ! Je pense que les futurs spectateurs méritent mieux comme considération. Je mets donc un gros carton rouge au Festival International du Film de Cannes dans sa globalité et au Festival Un Certain Regard qui fait semblant d'être ouvert à tous alors qu'il est strictement réservé. On est loin des images d'il y a quelques années où l'on pouvait voir des actrices/acteurs et réalisateurs se balader sur la Croisette et où les badauds pouvaient voir des films plus facilement. Nous sommes les critiques les plus importants à mon sens et le vecteur premier qui permet au cinéma de vivre. Même le film qui aura tous les prix et les critiques les plus élogieuses ne vaudra rien, si pas un seul spectateur ne se déplace pour le voir. Je me souviens d'une phrase aussi simple que vraie de la grande harpiste Lily Laskine, qui disait ceci :"Je joue parce que je crois que cela fait plaisir." Pas sûre que les réalisateurs fassent encore des films pour ça...

Vu à Cannes : 

- 3 Citroên C1 affublées de ballons en forme de suppositoires ventant la Dianétique prêchée par la trop tristement célèbre et populaire Église de Scientologie

- Des vigiles me draguant tout en faisant le guet à l'entrée du "bunker" de Canal+

- Des êtres humains alliant mauvais goût hors de prix et excentricité consternante

-Une jeune femme roulant dans la nouvelle et très ouverte Twizy de Renaut... à quelques secondes de l'énième averse de la première journée.

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minary 23/05/2012 09:30

Bonjour! je ne sais si des s.d.f "résident" encore à Cannes mais à l'époque ,un peu avant l'ouverture du festi. on étaient éjectés mali militari de la ville Sainte.

PimentWouj 23/05/2012 11:14



Je n'en sais rien mais en tout cas, à part à "l'arrière-plan" de la ville on en voit pas un seul !