#Lesfillesàmaman

Publié le par PimentWouj

 

 

Peut-être avez vous eu l'occasion - durant votre tendre et douce enfance - de lire Les caprices de Gizelle de la Comtesse de Ségur. Si tel est le cas, vous avez une idée de ce que peut être le pire du meilleur du pire en matière d'enfant-riche-gâtée-pourrie - le meilleur équivalent actuel réel non-littéraire étant Suri Cruise. En effet, Gizelle de Gerville démontre tout au long du roman qui lui est consacré et avec force créativité, combien une créature juvénile peut se montrer agaçante, capricieuse, infecte et arrogante. Mais si on peut éprouver un certain plaisir - même malsain - à lire les tribulations impétueuses de la demoiselle, rien n'est plus savoureux que d'être spectateur d'une scène similaire avec de "vraies personnes", dans la "vraie vie" et sans dialogues préparés. 

C'est ainsi que je me suis retrouvée il y a peu à me payer le luxe - et c'pas peu dire - d'un goûter à La Table Jean-Luc Pelé à Cannes. En étant à une telle adresse, je m'attendais évidemment à tâter de la clientèle embourgeoisée et pincée. Mais c'est un spectacle bien plus consternant qui m'attendait... 

Sur les lieux, rien à redire. L'accueil est chaleureux et le service zélé. Quand à la carte, elle tient toutes ses promesses et plus encore. Pour la déco, j'avoue avoir eu un grand moment de remise en question sur mes notions d'aménagement de l'espace et de ... goût tout simplement, en voyant se côtoyer dans un même espace, du mobilier sobre et foncé, avec des tableaux superbement atroces - ce fameux style dont le nom m'échappe et qui consiste à balancer de gros grumeaux de peinture à la truelle et de décider que cela transcende une interprétation de la pensée universelleet .... une peluche-renne-carpette - si, si... - en position de levrette sur la fausse cheminée de la pièce. Il est tout à fait possible qu'à ce moment là j'aurais du sentir venir la suite... ou du moins me méfier un chouilla.

 

Et effectivement quelques minutes plus tard se présentent dans le salon de thé une mère de famille, sa fille et une amie de celle-ci. D'emblée, quelques relents pestilentiels du parfum Chieuses et Chiennes se firent sentir dans la pièce... Le début de la fin commença lorsque Gamine n°1 - l'amie de la fille de la dame se fit servir sa boisson. Elle interpella quasi-immédiatement la serveuse et lui affirma, je cite :"Votre bouteille a du genre être percée parce qu'il n'y a pas assez de bulles dans ma limonade ! Elles ont du s'échapper.". Les bras m'en sont tombés... D'abord je me suis dis que j'avais du mal entendre. Mais non, devant la détresse qu'elle affichait j'ai bien compris que cela la touchait profondément et l'empêchait de décemment profiter de l'instant de douceur qu'étaient censé lui offrir les lieux. Et surtout, j'ai appris à ce moment là et pour la première fois de ma vie qu'une limonade pouvait être mise en bouteille et hermétiquement fermée sans le quota standard de bulles généralement admis par le citoyen lambda. 

 

limonade.jpg


S'en est suivi une conversation où il était question d'un certain Jimmy qui "abusait trop franchement" car il voulait faire une soirée mais n'avait pas de voiture pour s'y rendre - le sale petit c.. - Et du coup cela "énervait trop" Gamine n°2 qui en avait ras-la-hotte de rendre service à tout le monde - y compris Jimmy-sans-voiture - sans jamais être remerciée et récompensée à sa juste valeur. J'ai bien senti à ce stade de mon écoute que leurs préoccupations étaient loin d'être faciles et que pour de jeunes ados, elles avaient beaucoup de poids sur les épaules...

 

 

capricieuse.jpg

 


Gamine n°1 me fit comprendre à quel point il ne faut jamais sous-estimer la connerie, quand elle s'offusqua encore et cette fois de la présence de sucre pétillant dans sa pâtisserie - petite chose merveilleuse dont visiblement elle n'avait jamais entendu parler. Elle héla à nouveau la serveuse et lui demanda, je cite " Y'a un truc dans mon gâteau j'comprends pas c'est trop bizarre ça éclate dans la bouche. C'est normal ça !!??? ". Je fus prise d'un élan de compassion fulgurant pour la serveuse qui dut se composer un visage poli eu lieu de rire à la gueule de la jeune insolente. Je me gaussais ouvertement en l'entendant promettre de poser la question au pâtissier - j'imaginais la réponse et la gueule du pâtisser devant l'absurdité d'une telle question. Pour ma part, je m'étais déjà mentalement levée de mon siège pour m'empresser d'aller gifler ces deux pimbêches ! Car même en étant force utilisation de mots divers et variés, sache cher lecteur, qu'il est difficile de retranscrire ici à quel point j'atteignais le comble du n'importekoitesque pendant ces instants passés dans ce sympathique établissement. A vue d'oeil, je dirais que ces impertinentes demoiselles devaient avoir entre 15 et 17 ans à tout casser. Et pourtant, elles gravitaient déjà dans les hautes sphères de la superficialité et de l'inconscience. Préoccupées par leur seule petite personne, pétrie de certitudes égoïstes et vides de toute culture et/ou connaissances du monde, elles étaient l'incarnation même des adjectifs "pathétique" et "stupide".

 

Je n'ose rêver que ces deux là puissent changer, mais uniquement que moi, jamais, je ne puisse pondre de telles crétines écervelées... 

 

 

... Et sinon, la Table Jean-Luc Pelé c'est 3, rue du 24 Août - 06400 CANNES, ouvert du lundi au samedi de 09h00 à 19h30. 

 

jeanlucpelé.jpg

Commenter cet article