Poème égaré : Deux femmes pour une vie

Publié le par PimentWouj

Depuis quelques temps déjà un petit coffre aux trésors me nargue dans le bazar qui constitue mes placards. Je sais qu'il contient des "trucs" d'enfance mais je n'en trouvait plus la clef. Ce soir je ne sais pourquoi, j'ai décidé de le forcer. J'ai ris en retrouvant un modèle réduit de Renault 4 CV. J'ai pensé faire une expérience économique en mettant la main sur un exemplaire unique du parfum Mille Sabord de Tintin qui doit être prisé de quelques collectionneurs. Je me suis amusée comme une gosse avec un lot de billes multicolores aimantées. J'ai vécu un petit instant d'auto-dérision devant les 4 pseudos médailles de gym datant de l'école primaire. Et puis.... Et puis j'ai déplié une feuille de papier bleu pâle sur laquelle étaient couchés des mots écrits à la main. L'écriture je l'ai reconnue. C'est celle de ma mère d'adoption. Elle avait recopié ce poème intitulé Deux femmes pour une vie :


Il était une fois deux femmes qui ne s'étaient jamais rencontrées.

L'une dont tu ne te souviens pas, l'autre que tu appelles "maman".

Deux vies différentes dans l'accomplissement d'une seule : la tienne.

L'une fut la bonne étoile, l'autre est ton soleil.

La première te donna la vie; la seconde t'apprit comment la vivre.

La première créa en toi le besoin d'amour; la seconde fût là pour le combler.

L'une te donna ses racines; l'autre te donna son nom.

La première te transmit ses dons; la seconde te proposa un but.

L'une fît naître en toi l'émotion; l'autre calma tes angoisses.

L'une reçu ton premier sourire; l'autre sécha tes larmes.

L'une t'offrit en adoption; c'est tout ce qu'elle pouvait faire pour toi.

L'autre pria pour avoir un enfant et Dieu la mena vers toi.

Et maintenant, quant en pleurant tu me poses l'éternelle question "Héritage naturel ou adoption, de qui suis-je le fruit ?"; ma réponse est : ni de l'une ni de l'autre mon enfant. Tout simplement de deux formes différentes de l'amour.

 

Auteur Philippin inconnu

 

 

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Je n'ai plus ris du tout. Des larmes ont commencé à couler le long de mes joues, manquant de peu d'éclabousser le fragile papier. Il me serait impossible de dire depuis combien de temps ce papier était dans ce coffre. Et je ne me rappelle pas avoir jamais lu un jour ces vers. Dans deux jours j'aurai 30 ans ...

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