Voile déchiré : Trust

Publié le par PimentWouj

Si je vous dis : David Schwimmer, vous pensez - presque - immédiatement à l'ex-Ross de Friends, la série cultissime faisant l'apogée des trentenaires. Oui mais non. Depuis plus de dix ans, David Schwimmer est engagé au sein de la Rape Foundation, une association d'aide aux victimes de viols. Sensible en particulier au drame de la pédophilie via Internet, il a voulu faire plus que les spots publicitaires auxquels il a participé jusque là. Il est passé derrière la caméra pour nous proposer un long métrage : Trust

 

Le film se propose lui-même d'être "voyeur" du quotidien de la famille Cameron. Tout en apparence respire le calme. Will et Lynn Cameron aiment leur trois enfants et se rassurent de leur offrir un toit sur la tête, une bonne éducation et de l'amour. Sans doute pensent-ils que le danger se résume à quelque chose d'aussi brutal qu'un kidnapping en plein rue ou d'aussi gros qu'un vieux pervers tendant un sac de bonbons... grossière erreur.

 

Trust01

Will Cameron (Clive Owen)

 

Bien sûr, il ne sont pas tout à fait naïf non plus. Et quand Anne, leur fille de 14 ans, fait la connaissance de Charlie, 16 ans,  sur Internet, ils la questionne un minimum pour vérifier qu'elle sait à qui elle parle. Tout ceci semble anodin, et pourtant...Un cauchemar d'une indicible noirceur va bientôt s'installer dans leurs nuits.

 

Trust02

Anne Cameron (Liana Liberato)

 

La force de Trust ne réside pas dans une avalanche d'image crues ou de scènes de vengeance bestiale du pater familias sur le prédateur sexuel. David Schwimmer nous offre des instants anodins, des réactions vraies et vécues et des sensations d'écoeurement subtilement sous-entendues. Avec Trust, nous sommes loin d'un film hollywoodien dans ses codes habituels. On frise ici le documentaire tellement les scènes semblent prises sur le vif. Clive Owen (Les Fils de l'Homme) incarne parfaitement ce père de famille rongé par la culpabilité de n'avoir pas su protéger sa progéniture. Catherine Keener (Truman Capote) est une mère-courage sans exubérance ni hystérie inutile. Et puis surtout, Liana Liberato, du haut de ses 14 ans, livre une prestation unique, empreinte de maturité autant que de naîveté. Rien n'est sur-joué et c'est sans doute ce qui gêne le plus dans Trust. On se tortille malgré soi sur son siège, dérangé d'être spectateur, impressionné par la facilité d'un homme à approcher une enfant devant tous, complice malgré soi du drame qui se joue à l'écran.Ce film est à conseiller à ceux qui ont le coeur solide et qui ose voir la réalité en face.

Commenter cet article