Avant-première : Pain and Gain

Publié le par PimentWouj

Derrière certaines affiches et certains pitch se cachent parfois des films auxquels on ne s'attend pas. En une chaude soirée d'août, c'est ce qui m'est arrivé en découvrant le dernier long-métrage de Michael Bay : Pain and Gain.

Certes, le synopsis ne cache pas que le film est basé sur une histoire vraie. Mais là où l'on peut s'attendre à une histoire potache, pleine d'humour de second degré - et je ne dis pas ça UNIQUEMENT pour la présence de The Rock au casting, Pain and Gain surprend par la crudité sincère des faits qui s'y déroulent. Nous voici témoins/spectateurs des tribulations de trois bodybuilders : Daniel Lugo (Mark Whalberg), Paul Doyle (Dwayne Johnson) et Adrian Doorbal (Anthony Mackie); qui, lassés de leur misérable existence et auto-persuadés que le "rêve américain" est à porté de leur main, vont orchestrer l'enlèvement d'un riche citoyen de Miami pour - tout simplement - lui voler sa vie. Le ton faussement badin du film nous fait rapidement se prendre au jeu de meneur auto-proclamé de Lugo - l'obsession "physique de Mark Whalberg n'est pas sans vaguement rappeler celle de Brad Pitt dans Burn After Reading des Coen. Derrière lui, la candeur XXL de Doyle - Dwayne "The Rock" Johnson se débrouille très bien dans se rôle - et la maladresse stressée de Doorbal complètent très bien le tableau.

Les seconds rôles ne sont pas en reste non plus avec Tony "Monk" Shalhoub dans le rôle de la victime Victor Kershaw, à la fois horripilant et touchant; et Ed Harris dans celui du privé qui met la police sur la piste des bodybuilders, malin sans en faire trop dans le registre de l'outsider indispensable. 

Cependant il ne faut pas s'y tromper. Pain and Gain n'est pas juste un prétexte défouloir à une série de gags débiles et situations rocambolesques. Le malaise est bien présent et un engrenage pernicieux entoure rapidement les protagonistes. Une réalité froide se mélange incidieusement à l'inconscience quasi juvéniles des trois hommes. On rit, mais pas que...

On peut dire que Michael Bay nous a bien eu avec ce long-métrage; lui qui nous a plutôt habitué à des blockbusters "facile d'accès" : Rock, Bad Boys, Armageddon, Pearl Harbor, Transformers. Il nous prouve que même avec une vitrine d'apparence grotesque, on peut décliner des lignes sérieuses. Pain and Gain ne lorgne pas non plus du côté du cinoche d'auteur - faut pas pousser - mais c'est un film honnête qui diverti sans abrutir. Une adaptation qui vaut le détour et qui réussi le pari - risqué ? - de transposer à l'écran à la fois l'amateurisme rigolo de ces trois malfaiteurs improvisés et la réalité sociétale que ce fait divers illustre.

 

Pain and Gain de Michael Bay - avec Mark Whalberg, Dwayne Johnson, Anthony Mackie, Ed Harris - sortie le 11 septembre 2013

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