Concert : Woody Allen & the New Orleans Jazz Band

Publié le par PimentWouj

 

Dimanche soir dernier - bref, avant-hier, j'ai fait transpirer mes tympans sur le jazz humide et authentique du bayou. What she says ? Et bien j'ai tout simplement eu l'immense privilège d'assister au concert unique de Woody Allen & the New Orleans Jazz Band.

Dans le cadre doux et feutré du théatre Anthéa d'Antibes, le ton est donné dès le départ. A peine les lumières ambiantes éteintes et la scène éclairée qu'un musicien, puis un autre et ainsi de suite, puis enfin Woody Allen avancent tranquillement, prennent leur sinstruments respectifs et commencent à jouer. Ce n'est qu'après la fin de ce morceau d'ouverture que Woody Allen se dirige timidement vers le micro pour nous dire - en français anglophone dans le texte : "Bonsoir. Nous allons vous jouer le musique de Nouvelle-Orléans. Si vous aimez le musique, je serai très content... Si vous n'aimez pas le musique...c'est pas grave vous verrez mes films alors." Rires dans la salles et applaudissements. Le cinéaste-jazzman est déjà retournée vers son siège et le concert reprend.

de gauche à droite : Jerry Zigmont (trombone), Simon Wettenhall (trompette), Greg Cohen (basse), Woody Allen (clarinette), Conal Fowkes (piano) et Eddy Davis (banjo et direction artistique). 

Et pendant un peu plus d'une heure et demi, Woody et ses accolytes nous transportent dans un jazz pur et authentique, comme rarement on a l'occasion d'en écouter dans une vie. Les six jazzmen s'accordent et se baladent dans un répertoire largement inspiré du Sud profond des Etats-Unis. Louis Armstrong n'est jamais bien loin... 

Mes épaules se sont déanchées dés les premières secondes et mes pieds ont rapidement demandés à être libérés de leurs escarpins pour danser discrètement sur la moquette moelleuse. Et en fermant un peu les yeux, je voyais les mêmes musiciens dans une petite salle de la Nouvelle-Orléans, entourés de tables en bois sur lesquelles des verres remplis de Southern Comfort s'entrechoquaient joyeusement. Un vieux chat posé sur le bar, nonchalant et fatigué, observait la scène, les yeux mi-clos. Des habitués étaient en train de danser au centre des tables, devant les jazzmen, sur le vieux parquet entamé. Des volutes de fumée s'encanaillaient avec la poussière anoblie des lieux. Et moi... j'entrais émerveillée et me mettait immédiatement à me déchaîner à en avoir le souffle coupé ! Ce concert m'a fait voyager et m'a enchantée.

Il y a certainement eu des imperfections pendant cette soirée. Mais les 35 années de carrière de Woody Allen avec le New Orleans Jazz Band se sont illustrées à chaque seconde dans la maîtrise comme dans l'improvisation. Les jazzmen - au charisme avoué -  nous ont même gratifiés à tour de rôle et de façon complètement impromptu de quelques notes de chant savemment distillées... Avec un répertoire riche de 1200 morceaux de provenances variées : airs populaires du début du XXe siècle, hymnes, chants religieux, marches, blues ou rags; l'ennui n'était clairement pas invité. 

Woody Allen (clarinette) et Eddy Davis (banjo et direction artistique)

Et si vous vous demandez comment Woody Allen s'est mit à "jazzer" - prononcez "djazer", lisez plutôt ceci : 

À 14 ans, Woody Allen a son premier coup de cœur pour Sidney Bechet, clarinettiste et saxophoniste de New Orleans entendu à la radio Note 4. Il nourrit depuis ce jour une passion pour le jazz.

Il commence par étudier le saxophone, mais, peu doué pour cet instrument, il se tourne ensuite vers la clarinette. Le prénom « Woody » qu’il s'est choisi vient d’ailleurs du patronyme d’une de ses idoles, le clarinettiste Woody Herman. Chaque lundi, Allen se produit au Carlyle Hotel de Manhattan avec son jazz band « New Orleans ». En 1996, il a également effectué une tournée européenne avec le groupe qui donna lieu à un documentaire intitulé Wild Man Blues. En tout, le groupe a sorti deux albums : The Bunk Project (1993) et la BO de Wild Man Blues (1997).

source Wikipédia

Cette alchimie et ce jazz subtil ne sont donc pas le fruit du hasard, loin de là. Je ne sais pas si Colin Firth et Emma Stone, également présents dans l'auditoire, ont été aussi emballés que moi, mais si vous êtes amateurs de jazz authentique et pur et que Woody Allen & the New Orleans Jazz Band passe pas loin de chez vous, je ne peux que vous conseiller de vous y rendre d'un pas leste et enjoué ! 

 

PS : pas de site consacré à Woody Allen & the New Orleans Jazz Band, mais vous pouvez en savoir plus sur Jerry Zigmont ici ou sur Eddy Davis, le Ménestrel de Manhattan ici .

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